LA PROF DU MOIS DE SEPTEMBRE : AGNÈS B. !

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On y est, la rentrée est là !!! 

Et comme d’habitude, nous célébrons nos profs en septembre… et ce mois-ci, c’est ni plus ni moins que notre Agnès qu’on met à l’honneur ! Devenue incontournable dans nos murs, elle a accepté de répondre à nos questions.
Merci de ta présence à nos côtés Agnès, c’est un tel plaisir de t’avoir parmi nous !!!
Bonne lecture 😀
Peux-tu te présenter en quelques mots ? 
Agnès, 40 ans, prof de pole dance depuis… un petit moment maintenant : quasiment 20 ans 😉 J’ai été performeuse, puis compétitrice, mais aujourd’hui je suis coach, juge et co-référente de la discipline à la Fédération Française de Danse. Mais ça, ça fait très bio Wikipédia, alors si je devais me présenter autrement je dirais que je suis une passionnée de technique et de transmission, avec un côté très carré… et un goût prononcé pour le fun ;p J’aime quand c’est propre, précis, maîtrisé… mais je refuse que l’on s’ennuie pour autant !
Depuis quand enseignes-tu chez Pole Dance and Co ? Quels cours dispenses-tu ?
J’enseigne chez Pole Dance and Co depuis 2 ans et j’y dispense principalement des cours de pole dance et de stretching, il m’arrive de revenir à mes premières amours en donnant des cours d’Exotic lors de remplas par exemple. Mon objectif reste toujours le même quel que soit le cours : qu’on travaille sérieusement, qu’on progresse réellement… et surtout que l’on passe un bon moment en le faisant.
Quel est ton parcours sportif ? Pratiques-tu/as-tu pratiqué d’autres sports en dehors des disciplines que tu enseignes ? 
Mon parcours sportif est assez transversal. J’ai toujours eu un rapport très fort au mouvement, à la préparation physique et à la recherche de performance. Quand j’étais gamine, mes parents m’ont inscrits à une multitude de sports différents extrascolaires et à chaque fois je voulais atteindre les sommets. Ma progression en natation synchronisée m’a beaucoup apporté notamment dans ma pratique de la pole qui est devenue mon terrain de jeu principal à l’âge adulte, mais j’ai toujours considéré que pour être une bonne pratiquante et surtout une bonne enseignante, il fallait comprendre le corps dans sa globalité : force, mobilité, souplesse, coordination, placement, musicalité, endurance…C’est aussi pour cela que j’ai rapidement passé un diplôme d’Etat d’éducatrice sportive 😉
Comment as-tu découvert les aériens ? Quel est ton parcours ?
J’ai découvert la pole à une époque où ce n’était absolument pas aussi démocratisé qu’aujourd’hui... Et pour être honnête j’étais strip-teaseuse dans des clubs ou certaines filles ne faisaient pas « que » se trémousser leurs fesses sur la barre. Inside Leg, Inverted Crucifix,… en 2005-2006 c’était les figures les plus spectaculaires et je me sentais de relever le défi moi aussi. Et à l’époque, il y avait tout à faire encore. Aujourd’hui, un sportif lambda qui regarde la discipline pour la première fois ne se dirait pas « ok je vais enseigner ça c’est easy » de prime abord, tant le niveau est insane. Mais si on se remet dans le contexte, et avec mon bagage sportif de l’époque, j’ai pu enseigner très rapidement, j’ai eu la chance de donner des workshops en France, en Europe et dans les DOM-TOM, j’ai participé à des compétitions internationales de haut niveau et je me suis investie, à fond, déraisonnablement sûrement, mais c’est ce qui fait que j’en suis là aujourd’hui à ma place de référente dans le milieu fédéral ;p Et cette diversité me plaît et fait que je ne me lasse toujours pas de ce métier : pratiquer (lorsque je ne suis pas blessée ^^), transmettre, observer, analyser et continuer à apprendre.
Pourquoi avoir décidé d’en faire ton métier ?
En réalité, je ne suis pas sûre d’avoir réellement « décidé » d’en faire mon métier... c’est plutôt le métier qui est venu me chercher ! A l’époque, j’évoluais dans un univers complètement différent et je me prédestinais plutôt à devenir architecte d’intérieur. Et puis une opportunité s’est présentée : enseigner dans le tout premier studio de pole de Toulouse. J’ai sauté sur l’occasion, un peu par curiosité, beaucoup par passion… et sans imaginer une seconde à quel point cette décision allait transformer ma vie. Comme quoi, parfois, les détours sont beaucoup plus intéressants que le chemin qu’on avait prévu. Et ce qui est rigolo aujourd’hui, c’est que la majeure partie des profs toulousaines sont passées élèves entre mes mains au départ 😉
Que préfères-tu dans l’enseignement ?
Le déclic ! Le moment où une élève passe de « je ne vais jamais y arriver » à « PUTAIN JE L’AI FAIT ! » J’adore aussi corriger un détail minuscule qui change complètement une figure : un placement de bassin, une ligne, une prise, un engagement… Je suis assez exigeante, parfois même un peu beaucoup :/ mais je suis fille de militaires, on ne se refait pas ;p C’est parce que j’adore voir les élèves devenir autonome dans leur pratique, et surtout fièr(e) d’elle(d’eux). Tous les corps sont capables, il ne faut rien lâcher. Et d’ailleurs cette dimension inconsciente, elle est vraiment géniale dans la discipline, il.ne.faut.rien.lâcher !! au sens propre, comme au sens figuré. Depuis toutes ces années, j’ai vraiment vu des personnes se transcender dans mes cours, et c’est très valorisant en tant que prof, tu te sens « utile » à tous les niveaux.
Comment se passe une journée standard dans ta semaine ?

Il n’y a absolument aucune journée standard ;p Je cumule plusieurs activités professionnelles, donc dans mes journées je passe de l’administratif (je suis assistante de direction dans un cabinet d’assurance), à la dermopigmentation (j’ai mon institut de maquillage semi-permanent/ tatouage paramédical) à une réunion fédérale, je jongle également avec mon rôle de maman (d’une princesse de 5 ans). Mais lorsque je donne cours, il y a toujours le même rituel : préparation de la séance en amont, échauffement, apprentissage technique, répétition, correction, cool down… et bonne humeur (voir coup de folie !) obligatoire.

Le cadre est clair dans mes cours : on bosse, on transpire, parfois on râle un peu (si, si tu as le droit) mais on oublie son quotidien surtout et on rigole beaucoup.

Selon toi, quelles sont les compétences nécessaires pour enseigner ces disciplines ? 
Déjà : connaître réellement ce que l’on enseigne. Savoir faire des figures ne suffit absolument pas pour pouvoir /savoir l’enseigner. Il faut comprendre la biomécanique, la sécurité, comment parer, la progression pédagogique, savoir observer, analyser et adapter son discours à chaque élève. Je pense qu’il faut aussi énormément de patience, de pédagogie et d’humilité. Et LA qualité que je trouve essentielle : c’est savoir remettre en question sa propre façon de faire. Déjà tous les soirs quand je rentre de la salle, je me refais le fil des séances données et je cherche ce que j’aurais pu faire mieux ou différemment. Ensuite le milieu évolue, les techniques évoluent, les corps évoluent également. Je reste convaincue que si tu penses avoir tout compris, c’est que tu as arrêté de te perfectionner.
Quels sont les avantages et les inconvénients de ce métier ?
L’avantage n° 1 c’est de faire un métier qui à du sens. Tu rencontres énormément de personnes, tu accompagnes des transformations physiques et mentales, tu crées des liens et tu continues toi-même à apprendre.
L’avantage n° 2 c’est de faire un métier-passion, et donc de ne pas avoir l’impression de travailler 😉
Pour les inconvénients, tu es décalé du monde qui t’entoure. Les horaires sont décalés, mais aussi la fatigue physique car lorsqu’on est passionnée on a tendance à donner beaucoup… parfois beaucoup trop ;p
Mais malgré tout ça, je ne changerais pas ma place dans ce milieu aujourd’hui.
Est-ce que tu as fait/fais de la compétition ? Est-ce que ça t’attire ?
Oui, comme évoqué plus haut, la compétition à fait partie intégrante de mon parcours. Je suis notamment arrivée vice-championne d’Europe il y a plus de 10 ans maintenant ou j’ai aussi gagné le championnat intercontinental en Angleterre. Les compétitions internationales m’ont énormément appris sur moi, la pression, la scène, la préparation, la construction d’une chorégraphie… Mais aujourd’hui je suis davantage dans la transmission et l’accompagnement. Et forcément d’avoir été de l’autre côté de la scène change énormément ton regard lorsqu’il s’agit ensuite de coacher ou d’évaluer un athlète.
Un /des aerialistes préférés ?
Alors là… question dangereuse pour une « ancienne » ! Mes premières idoles sont évidemment celles qui m’ont donné envie de me lancer : Felix Cane, avant tout, mais aussi Jamila Devil, Bobbi et toutes ces Australiennes qui ont complètement marqué mes débuts. Puis est arrivé une génération qui m’a littéralement fascinée par son niveau technique : Oona Kivela, Bendy Kate, Polina Volchek, Olga Trifonova… Des athlètes qui ont contribué à repousser très loin les limites de ce qu’on pensait possible techniquement. Et puis je garde évidemment une affection toute particulière pour les premiers hommes français qui ont fait exploser les codes, notamment Edouard Doye et Saulo Sarmiento, dont j’étais absolument fan ! Aujourd’hui les athlètes contemporains sont évidemment incroyables – et heureusement que la discipline continue d’évoluer ! – mais j’aime avoir une petite pensée pour ceux qui nous ont donné envie de nous suspendre à une barre à une époque où tout restait encore à inventer. Après presque 19 ans dans le milieu, j’ai forcément un petit devoir de mémoire 😉
Quelle est la figure/pose qui t’a donné le plus de fil à retordre à maîtriser ? 
Sans hésiter : l’Iron X (le drapeau, ndlr). Je me suis littéralement butée dessus – mdr. Et avec le recul, je pense que mes épaules ont peut-être payé un petit tribut à cette obsession… La force et le dynamique, c’est vraiment mon dada : tout ce qui demande de l’engagement musculaire, pousser, tirer, contrôler ou envoyer… Là je suis dans mon élément. En revanche, s’il fallait désigner mon véritable point faible, je dirais que c’est la souplesse dorsale. C’est assez drôle d’ailleurs, parce qu’on a souvent tendance à penser qu’un bon niveau en pole signifie être « fort partout ». En réalité, chacun à ses facilités et ses zones de travail. Et chez moi clairement, la mobilité dorsale a toujours été le petit dossier qui refuse obstinément d’être classé 😉
Quels sont les conseils que tu donnerais à une personne souhaitant se lancer dans ces disciplines ? 
COMMENCE ! J’entends souvent « ouais j’ai besoin d’être souple ou forte avant de commencer… » Non tu n’as pas besoin d’être mince, sportive, danseuse ou « faite pour ça ». Tu as besoin d’être curieuse et d’accepter de te challenger. Ensuite, soit régulière, écoute ton corps, travaille proprement (et des 2 côtés) et ne brûle pas les étapes. La pole est une discipline magnifique, mais aussi une discipline exigeante. Le corps a besoin de temps pour construire force et adaptations. Et surtout, surtout : ne compare pas ton chapitre 1 au chapitre 26 de quelqu’un d’autre.
Un petit mot pour la fin ? 
Si je devais résumer ma philosophie en une phrase : On peut être exigeant sans être chiant, technique sans être froid, et travailler sérieusement sans arrêter de s’amuser.
La pole m’a accompagné pendant près de 20 ans et continue encore aujourd’hui à me surprendre. Alors je t’attends de pied ferme 😉

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